Africana TV Caraïbes

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Retrouvez-nous chaque semaine pour des récits oubliés, des héros redécouverts, et des mémoires qui résistent. A PROPOS

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04/08/2026

Solitude : l'héroïne guadeloupéenne devenue le symbole de la résistance à l'esclavage

Figure majeure de la résistance en Guadeloupe, Solitude incarne le courage et le combat pour la liberté. Son destin, longtemps transmis par la tradition orale, est entré dans l'histoire grâce à Histoire de la Guadeloupe d'Auguste Lacour, publié en 1858.

Mais c'est surtout le roman d'André Schwarz-Bart, écrit avec Simone Schwarz-Bart et publié en 1972, qui a fait connaître cette héroïne au grand public, en lui donnant une place durable dans la mémoire collective.

Selon ce récit, Solitude serait née en Guadeloupe en 1772. Elle est présentée comme la fille d'une femme kongo déportée d'Afrique et d'un capitaine français. Élevée parmi les communautés de marrons, ces déportés ayant fui les plantations, elle grandit avec une soif de liberté qui la conduit à rejoindre la lutte contre l'esclavage.

Si l'abolition de l'esclavage est proclamée en Guadeloupe en 1794, cet espoir est de courte durée. En 1802, Bonaparte décide de rétablir l'ordre colonial et envoie le général Antoine Richepanse sur l'île pour restaurer l'esclavage. Refusant de se soumettre, Solitude rejoint les combattants menés par Louis Delgrès, qui choisissent de résister jusqu'au sacrifice.

Capturée le 23 mai 1802 alors qu'elle est enceinte, Solitude échappe temporairement à la peine capitale. Les autorités attendent la naissance de son enfant avant de l'exécuter. Elle est finalement pendue le 29 novembre 1802, au lendemain de son accouchement, devenant l'une des plus puissantes figures du combat contre l'oppression.

Pendant de nombreuses décennies, le rôle des femmes dans la lutte contre l'esclavage est resté largement méconnu. Aujourd'hui, Solitude est reconnue comme l'une des grandes héroïnes de l'histoire de la Guadeloupe et de la France.

Sa mémoire est honorée par une statue inaugurée en mai 1999 aux Abymes, en Guadeloupe. Depuis le 26 septembre 2020, un jardin parisien porte également son nom, où elle est devenue la première femme noire représentée par une statue dans l'espace public de la capitale, symbole d'une reconnaissance historique longtemps attendue.

31/07/2026

Les cow-boys noirs : les pionniers oubliés de l’Ouest américain

L’image du cow-boy américain est souvent associée à un homme blanc parcourant les grandes plaines de l’Ouest. Pourtant, une part importante de cette histoire appartient aux Afro-Américains. Après l’abolition de l’esclavage en 1865, des milliers d’anciens esclaves rejoignent les ranchs du Texas et de l’Ouest, où leurs compétences avec les chevaux et le bétail deviennent indispensables.

Les historiens estiment qu’entre 15 et 25 % des cow-boys de l’Ouest américain étaient noirs, soit environ un cow-boy sur quatre dans certaines régions d’élevage. Ils participaient aux grands convoyages de bétail (cattle drives), domptaient les chevaux sauvages, protégeaient les troupeaux et affrontaient les conditions difficiles des longues traversées.

Parmi les figures les plus célèbres, Nat Love (1854-1921), surnommé « Deadwood Dick », est devenu une légende grâce à ses talents de cavalier, de tireur et de maître du lasso. Bill Pickett (1871-1932) a marqué l’histoire du rodéo en inventant le « bulldogging », une technique spectaculaire de capture des taureaux.

Bass Reeves (1838-1910), ancien esclave devenu marshal adjoint, fut l’un des premiers grands représentants noirs de la justice dans l’Ouest et arrêta de nombreux criminels. Bose Ikard (1843-1929), quant à lui, fut un célèbre convoyeur de bétail au Texas.

Malgré leur rôle majeur, les cow-boys noirs ont longtemps été effacés de la mémoire collective par les récits et les films westerns qui ont privilégié une vision blanche de la conquête de l’Ouest.

Aujourd’hui, leur histoire rappelle que la légende du Far West a aussi été écrite par des hommes et des femmes afro-américains qui, à cheval, ont contribué à façonner l’histoire des États-Unis.

31/07/2026

Les Kongos des Antilles françaises .Combien de descendants aujourd'hui ? Une estimation démographique

Entre 1854 et 1864, après l'abolition définitive de l'esclavage (1848), les planteurs des Antilles françaises font face à une pénurie de main-d'œuvre. Ils recrutent alors des travailleurs sous contrat d'engagement, notamment auprès des côtes africaines de l'estuaire du Congo.

Plus de 16 000 à 18 500 femmes, hommes et enfants — appelés « Kongos » — arrivent ainsi, libres de droit, en Martinique et en Guadeloupe pour un contrat de dix ans.

Contrairement aux esclaves qui les avaient précédés, les Kongos savaient d'où ils venaient et le revendiquaient. Cette conscience s'est heurtée à une société créole déjà constituée, qui les a longtemps stigmatisés — le « mas a kongo » du carnaval en est un des vestiges. Beaucoup ont dissimulé leur origine pour s'intégrer ; quelques familles, comme les Massembo de Guadeloupe, ont au contraire transmis activement langue, chants et patronymes jusqu'à aujourd'hui.

Trois paramètres déterminent l'estimation :
1. Population fondatrice effective — sur les 16 000 à 18 500 arrivants (majoritairement des hommes), une partie meurt durant le contrat ou repart sans descendance. En retenant un taux de reproduction effectif de 60 à 65 %, la base fondatrice tombe à environ 10 000 à 12 000 lignées.

2. Nombre de générations — de 1857 à 2026, soit 169 ans. Avec une génération moyenne de 28 ans (fécondité précoce au XIXᵉ siècle), cela correspond à environ six générations.

3. Facteur de reproduction par génération — le nombre moyen d'enfants menant eux-mêmes une descendance. C'est le paramètre le plus incertain, car il combine la forte fécondité du XIXᵉ siècle, la transition démographique du XXᵉ siècle et l'émigration massive vers la métropole depuis les années 1960.

La population totale de la Martinique et de la Guadeloupe avoisine aujourd'hui 750 000 habitants, contre 250 000 à 300 000 lors de l'arrivée des premiers Kongos en 1857. Le scénario haut (672 000) est donc intenable : il approcherait la population entière des deux îles, alors que les Kongos n'étaient qu'une vague migratoire parmi une population déjà installée. Le scénario moyen (176 000), en revanche, représenterait 20 à 25 % de la population actuelle des deux îles — un ordre de grandeur cohérent avec un flux migratoire important mais non exclusif, dilué par des siècles de métissage avec les autres composantes de la société créole.

En croisant ces hypothèses, une fourchette réaliste se dessine : environ 175 000 personnes porteraient aujourd'hui une ascendance Kongo en Martinique et en Guadeloupe, sans compter celles installées en France hexagonale depuis l'exode des années 1960-1980.

Ce chiffre demeure un exercice mathématique, non un recensement. La quasi-totalité de ces descendants ignorent probablement leur ascendance, celle-ci s'étant diluée dans le grand métissage antillais. Seules quelques centaines de familles la revendiquent activement et en perpétuent la mémoire.

30/07/2026

Veillée de la Grande militante Anicia Berton en

29/07/2026

Garifunas : quand l'Afrique et l'Amérique Native se sont unies .

Origines (XVIIe s.) : Vers 1635, des naufrages de navires négriers espagnols au large de Saint-Vincent permettent à des captifs africains (ouest-africains, dont beaucoup de Nigeria) de s'échapper et de se réfugier sur l'île. Ils se métissent avec les Kalinagos/Arawaks locaux, donnant naissance à un peuple nouveau : les Caraïbes noirs, ou Garifunas — seuls Afro-descendants des Amériques à n'avoir jamais connu l'esclavage en tant que peuple constitué.

Résistance (1763-1796) : Cédée aux Britanniques en 1763, l'île devient le théâtre de plusieurs guerres garifuna. Le chef Joseph Chatoyer, soutenu par des révolutionnaires français et guadeloupéens (Delgrès, Massoteau), mène la résistance jusqu'à sa mort au combat le 14 mars 1795. La résistance s'effondre en 1796.

Déportation (1796-1797) : Environ 4 776 Garifunas sont internés sur l'îlot de Balliceaux ; près de la moitié y meurt de faim et de maladie. Le 11 mars 1797, 2 248 survivants embarquent pour Roatán (Honduras, alors espagnol) ; 2 026 y débarquent le 12 avril après une traversée meurtrière.

Diaspora: Depuis Roatán, les Garifunas se dispersent en pirogue le long des côtes du Honduras, du Belize, du Guatemala et du Nicaragua, formant les communautés actuelles (~300 000 personnes), tout en conservant langue, musique et culture propres, reconnues par l'UNESCO.

24/07/2026

LES AFRO-PARAGUAYENS — Une mémoire noire au cœur du Paraguay

Les Afro-Paraguayens forment une minorité descendante d'esclaves africains, aujourd'hui concentrée principalement dans trois localités : Kamba Cuá, Kamba Kokué et Emboscada.

1556 — L'arrivée des premiers déportés

Les premiers Africains réduits déportés arrivent au Paraguay dès 1556, sous la colonisation espagnole, quelques décennies après l'établissement du pouvoir espagnol dans la région en 1524. Selon l'historien argentin José Ignazio Telesca, beaucoup entraient légalement via les ports coloniaux de Buenos Aires, Montevideo et Córdoba, tandis que d'autres étaient trafiqués depuis le Brésil.

1782-1811 — Une présence démographique majeure
Loin d'être marginale, la population afro-paraguayenne aurait représenté 11,2 % de la population en 1782, puis jusqu'à la moitié de la population totale en 1811, vivant notamment à Arégua, Emboscada et Guarambaré.

1820 — L'arrivée du régiment d'Artigas

Un tournant décisif : en exil au Paraguay, le général uruguayen José Gervasio Artigas est accompagné d'un régiment d'environ 250 lanciers africains, hommes et femmes, réputés pour leur maîtrise des armes de trait. En reconnaissance de leur loyauté, le dirigeant paraguayen José Gaspar Rodríguez de Francia leur accorde des semences, du bétail et 100 hectares de terres à Campamento Loma, aux abords d'Asunción — c'est la naissance de Kamba Cuá.

1866-1869 — Guerre et abolition
Lors de la guerre de la Triple Alliance, les esclaves noirs sont envoyés au front dès 1866, formant le bataillon « Nambi'i », salué pour sa bravoure — il conquiert notamment la forteresse de Coimbra. L'esclavage est totalement aboli au Paraguay le 2 octobre 1869, après qu'une loi du ventre libre (1842) eut déjà affranchi les enfants nés d'esclaves.

Années 1940 — La dépossession

Sous le régime du général Higinio Morínigo, la communauté de Kamba Cuá est dépossédée de ses terres : des 100 hectares initiaux, il ne leur en reste que 3.

🎭 CULTURE ET IDENTITÉ

Kamba Cuá est aujourd'hui la communauté afro-paraguayenne la mieux préservée culturellement, connue pour ses fêtes traditionnelles en l'honneur de Saint Baltazar, figure noire vénérée selon un culte hérité d'Afrique. La musique et la danse en constituent le cœur battant.

22/07/2026

Anicia Berton, la voix martiniquaise qui ne s'est jamais tue

La Martinique perd aujourd'hui l'une de ses figures militantes les plus marquantes. Anicia Berton, présidente de l'association Nasyon Matinik, s'est éteinte après des années de combat contre la maladie, un combat qu'elle a mené en parallèle de celui, tout aussi acharné, qu'elle livrait pour son île.

Surnommée « AZ FANM DJÒK », Anicia Berton n'était pas de celles qui restent en retrait. Elle était de tous les fronts : sur les questions environnementales d'abord, en portant haut la dénonciation de l'empoisonnement au chlordécone, ce poison qui continue d'imprégner les sols et les corps martiniquais depuis des décennies.

Mais aussi sur les questions de santé publique, de justice sociale, et sur les combats identitaires, elle qui brandissait fièrement le drapeau rouge-vert-noir, symbole de la nation martiniquaise à laquelle elle croyait.

Son engagement, elle le devait en partie à Garcin Malsa, militant de longue date et ancien maire de Sainte-Anne, figure de l'écologie politique martiniquaise, qui l'a guidée et inspirée dans ses premiers pas de militante.

À partir de 2018, la maladie s'invite dans sa vie et vient bousculer son parcours. Un cancer du sang l'oblige à interrompre ses activités et à partir se soigner dans l'Hexagone. Mais même hospitalisée, même affaiblie, elle continue de donner des nouvelles à une population qui ne l'a jamais oubliée, à travers des messages publiés sur les réseaux sociaux, empreints de dignité et de la même force qui l'animait sur le terrain.

Élue « femme de l'année » en 2019, elle a marqué son époque par une constance rare : celle de ne jamais séparer sa cause personnelle de la cause collective, de transformer sa propre souffrance en énergie militante plutôt qu'en repli.

"Tu as porté la voix de ceux qu'on n'écoute pas toujours. Celle de la terre empoisonnée, celle des corps qu'on abandonne, celle d'un peuple en quête de reconnaissance. Tu l'as fait sans jamais rien attendre en retour, avec cette liberté d'être toi-même jusqu'au bout.

Repose en puissance, Fanm Djòk. Le combat continue, et il continuera aussi grâce à toi."

20/07/2026

Argentine : l’histoire effacée des Afro-Argentins refait surface

On a longtemps répété qu’ils avaient « disparu ». Pourtant, en Argentine, les Afro-Argentins n’ont jamais cessé d’exister. Ce qui s’est effacé, au fil du temps, c’est surtout leur visibilité — dans les chiffres, dans le récit national, et dans la mémoire collective.

Au XIXᵉ siècle, plusieurs tragédies frappent de plein fouet les communautés noires. Les guerres d’indépendance et les conflits internes envoient de nombreux hommes au front, où les pertes sont lourdes. Quelques décennies plus t**d, l’épidémie de fièvre jaune de 1871 décime les quartiers populaires de Buenos Aires, où vivent beaucoup d’Afro-descendants.

Mais la disparition est aussi politique et sociale. Avec le métissage et l’arrivée massive d’immigrants européens, l’Argentine se construit une image de nation « blanche ». Dans les recensements, beaucoup de descendants afro sont reclassés ou cessent d’être identifiés comme tels. Peu à peu, ils deviennent invisibles — sur le papier du moins.

Et pourtant, leur empreinte est partout. Dans les rues portuaires et les fêtes populaires du Río de la Plata, les communautés afro ont contribué à façonner le tango, en y insufflant rythmes, danses et traditions héritées du candombe. Une influence essentielle, longtemps passée sous silence.

Depuis une vingtaine d’années, la mémoire se réveille. Associations, chercheurs et artistes remettent en lumière cette histoire oubliée. Les recensements permettent désormais de se déclarer afro-descendant, et les commémorations officielles reconnaissent enfin cet héritage.

Aujourd’hui, les Afro-Argentins — descendants d’anciennes communautés comme de migrations plus récentes — continuent de lutter pour la visibilité et l’égalité. Leur histoire rappelle qu’une disparition peut être un récit construit, et que derrière le mythe d’une nation homogène se cache une réalité bien plus diverse.

18/07/2026

Juan Valiente : le déporté africain devenu conquistador espagnol

Né au début du XVIᵉ siècle, en Afrique, Juan Valiente est l'un des personnages les plus singuliers de la conquête espagnole des Amériques. Réduit en esclavage, il est emmené au Mexique où son maître, Alonso Valiente, l'autorise à rejoindre l'expédition de Pedro de Valdivia vers le Chili.

Par son courage au combat, Juan Valiente gravit les échelons et obtient une Encomienda près de Santiago, un privilège exceptionnel pour un homme d'origine africaine à cette époque. Pourtant, malgré ses nombreuses demandes et sa volonté de racheter sa liberté, son maître refuse toujours de l'affranchir officiellement.

Le destin de Juan Valiente s'achève en 1553 lors de la bataille de Tucapel, où il meurt aux côtés de Pedro de Valdivia face aux guerriers mapuches. Son parcours rappelle les contradictions de l'empire espagnol : célébré comme soldat, récompensé comme conquérant, mais juridiquement resté esclave jusqu'à sa mort.

14/07/2026

Les Kongos des Antilles françaises .Combien de descendants aujourd'hui ? Une estimation démographique

Une migration méconnue
Entre 1854 et 1864, après l'abolition définitive de l'esclavage (1848), les planteurs des Antilles françaises font face à une pénurie de main-d'œuvre. Ils recrutent alors des travailleurs sous contrat d'engagement, notamment auprès des côtes africaines de l'estuaire du Congo.

Plus de 16 000 à 18 500 femmes, hommes et enfants — appelés « Kongos » — arrivent ainsi, libres de droit, en Martinique et en Guadeloupe pour un contrat de dix ans.
Contrairement aux esclaves qui les avaient précédés, les Kongos savaient d'où ils venaient et le revendiquaient. Cette conscience s'est heurtée à une société créole déjà constituée, qui les a longtemps stigmatisés — le « mas a kongo » du carnaval en est un des vestiges. Beaucoup ont dissimulé leur origine pour s'intégrer ; quelques familles, comme les Massembo de Guadeloupe, ont au contraire transmis activement langue, chants et patronymes jusqu'à aujourd'hui.

Trois paramètres déterminent l'estimation :
1. Population fondatrice effective — sur les 16 000 à 18 500 arrivants (majoritairement des hommes), une partie meurt durant le contrat ou repart sans descendance. En retenant un taux de reproduction effectif de 60 à 65 %, la base fondatrice tombe à environ 10 000 à 12 000 lignées.

2. Nombre de générations — de 1857 à 2026, soit 169 ans. Avec une génération moyenne de 28 ans (fécondité précoce au XIXᵉ siècle), cela correspond à environ six générations.

3. Facteur de reproduction par génération — le nombre moyen d'enfants menant eux-mêmes une descendance. C'est le paramètre le plus incertain, car il combine la forte fécondité du XIXᵉ siècle, la transition démographique du XXᵉ siècle et l'émigration massive vers la métropole depuis les années 1960.

La population totale de la Martinique et de la Guadeloupe avoisine aujourd'hui 750 000 habitants, contre 250 000 à 300 000 lors de l'arrivée des premiers Kongos en 1857. Le scénario haut (672 000) est donc intenable : il approcherait la population entière des deux îles, alors que les Kongos n'étaient qu'une vague migratoire parmi une population déjà installée. Le scénario moyen (176 000), en revanche, représenterait 20 à 25 % de la population actuelle des deux îles — un ordre de grandeur cohérent avec un flux migratoire important mais non exclusif, dilué par des siècles de métissage avec les autres composantes de la société créole.

En croisant ces hypothèses, une fourchette réaliste se dessine : environ 175 000 personnes porteraient aujourd'hui une ascendance Kongo en Martinique et en Guadeloupe, sans compter celles installées en France hexagonale depuis l'exode des années 1960-1980.

Ce chiffre demeure un exercice mathématique, non un recensement. La quasi-totalité de ces descendants ignorent probablement leur ascendance, celle-ci s'étant diluée dans le grand métissage antillais. Seules quelques centaines de familles la revendiquent activement et en perpétuent la mémoire.

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