Florian Clément - Photographe météo
Partage de tous mes clichés de nos climats et paysages. Bienvenue sur ma page.
Partage de mes photos spécialisées dans le domaine de la météo et principalement sur le Bassin d'Arcachon et les Vosges mais aussi de nombreuses autres images d'animaux ou de paysages en tout genre.
30/05/2026
Bilan de cet épisode de chaleur précoce disponible sur la page principale.
BILAN CHALEUR PRÉCOCE MAI 2026 :
Les températures sont un peu moins extrêmes ce samedi matin, une relative fraîcheur semble même perceptible sur le littoral mais ce n’est qu’une apparence. En effet, les thermomètres indiquent toujours des températures au-dessus des normales, même si cela n’a plus rien à voir avec l’ovni météorologique que l’ouest de la France vient de vivre. L’occasion de faire cette publication, un peu plus longue que d’habitude, mais me paraissant nécessaire, afin de documenter cet évènement d’une précocité inédite et de rappeler certains fondamentaux.
Tout d’abord, un petit point sur les méthodes de mesures des températures. J’aime bien le faire à chaque début d’été afin d’éviter d’entendre n’importe quoi ensuite. Un peu de rigueur est nécessaire quand il s’agit de comparer les températures, un paramètre d’apparence simple mais pouvant vite être biaisé s’il est mal exploité, et avec un certain enjeu, puisqu’il est l’indicateur principal du réchauffement de notre climat.
Pour considérer une donnée de température comme étant fiable, celle-ci doit être enregistrée dans un abri de couleur blanche et laissant partiellement passer l’air. Il est indispensable que la mesure soit effectuée à une hauteur de 1,5 à 2 mètres au-dessus d’un sol représentatif de l’endroit, tout en étant éloigné le plus possible d’obstacles ou de source de chaleur artificielle. Il faut donc oublier les températures des voitures sur surfaces goudronnées, ou le vieux thermomètre à graduations contre le mur de la maison.
Sur le réseau Météo France, un système de classification environnementale existe afin de donner une indication sur la qualité des données. Globalement une température mesurée en classe 1 peut être considérée comme très fiable alors qu’une en classe 5 doit être utilisée avec des pincettes.
Ainsi les 2 seuls sites du Pays de Buch présentant des conditions de mesures satisfaisantes pour parler de records ou d’anomalies sont la station de la base aérienne de Cazaux (classe 2), et celle située au milieu des champs entre Belin-Béliet et Lugos (classe 1). D’autres données du réseau secondaire de Météo France ou d’associations comme Infoclimat sont disponibles sur nos communes. Celles-ci peuvent garder un intérêt et restent représentatives de l’endroit sur lequel elles sont mesurées mais il est difficile de les utiliser pour parler de records à une échelle plus grande.
Qu’on prenne des données fiables ou non, il n’y a de toute façon aucun débat sur le caractère exceptionnel de cet épisode de chaleur. Les records mensuels sont tombés un peu partout en France à un rythme affolant de parfois 300 par jours et se comptent au final en milliers. Nos stations de références en font parties avec une maximale de 35,8°C enregistrée jeudi à Cazaux devançant les 35,1°C de mai 2025. Sur le Val de l’Eyre, le thermomètre est même monté jusqu’à 37,4°C à Belin-Béliet établissant également un nouveau record mensuel pour le Pays de Buch.
Pour qu’on se rende bien compte de l’énormité du phénomène, ces valeurs sont près de 10°C supérieures aux normales d’un mois de juillet et près de 15°C pour un mois de mai. Les normales sont moyennées sur 30 ans et actualisées chaque décennie. Ainsi ces écarts annoncés le sont par rapport à la période 1991-2020. Si on remonte plus loin dans le temps, et qu’on prend par exemple la période 1951-1980, la température maximale moyenne en mai à Cazaux n’était que de 19,4°C. On passe donc sur une anomalie de 16,4°C par rapport à cette période.
Certains climatosceptiques peuvent avoir tendance à dire qu’on a déjà connu ça par le passé. C’est faux d’une part car les records sont battus, mais toutefois ils ne le sont souvent que de quelques dixièmes et il est vrai qu’on a déjà connu des pics de chaleur précoces. Sauf que la semaine qu’on vient de vivre n’avait rien d’un pic et se démarque également par sa durée exceptionnelle. Jamais une vigilance canicule n’avait été émise par Météo France en mai et pourtant une grande partie de l’ouest du pays s’est retrouvée en orange ces derniers jours.
En termes d’anomalies, cet épisode se hisse vraiment dans le haut du classement de ce qu’on a pu connaître sur notre région et si cette chaleur s’était produite en été elle aurait été proche des canicules de 2003 et 2022 en intensité.
Quelques chiffres à une plus grande échelle que le Pays de Buch permettent également bien de se rendre compte du caractère hors normes du phénomène. On peut commencer par l’anecdote déroutante de la station de Bordeaux-Mérignac. Le record mensuel de chaleur précédent de 35,4°C datait de 1922 et avait miraculeusement tenu 104 ans. Battu assez largement d’un degré avec 36,4°C relevés le 27 mai dernier, la nouvelle référence n’aura pas attendu un siècle et même pas tenue 24 heures avant d’être battue le lendemain avec 36,6°C. Tout ceci quelques jours après avoir enregistré la nuit la plus chaude de mai pour cette station avec une température n’étant pas descendue sous 20,1°C dans la nuit du 24 au 25. Seule nuit tropicale en mai avec celle du 22/05/2022 en plus d’un siècle de mesures. On peut également retenir un isotherme 0°C mesuré par ballon-sonde à 4467 m d’altitude le 24 mai au-dessus de la Gironde ce qui signifie que les températures étaient positives jusqu’à une altitude d’environ seulement 300 m inférieure à celle du sommet du Mont Blanc.
Niveau chaleur nocturne Biscarrosse a également fait très fort. La plus chaude température minimale en mai était encore il y a peu les 19,3°C du 29/05/1979. Cela fait désormais 5 jours que la température n’est plus descendue sous 19,5°C sur la station côtière landaise avec des minimales respectivement de 20,5°C lundi, 20,7°C mardi, 19,5°C mercredi, 21,6°C jeudi et 19,6°C vendredi. Autant de valeurs au-dessus du précédent record.
Dans une autre dimension plus au nord, la ville de Dinard a battu son record mensuel de chaleur nocturne de 6,1°C avec 22,1°C de minimale le mardi 26 alors que le précédent n’était que de 16°C en mai 2017. Plus impressionnant encore, cela s’est joué à peu d’être un record absolu tous mois confondus. En effet, une seule nuit a été plus chaude à Dinard y compris en période estivale avec un record absolu quelques dixième au-dessus à 22,4°C enregistré pendant la canicule de 2003.
Battre un record est une chose, le battre de 6°C en est une autre. Passionné de météo et à l’affut des extrêmes climatiques je ne me rappelle pas avoir vu beaucoup de cas similaires dans le monde. J’ai évidemment pu en louper mais le seul cas semblable qui me vient en tête est celui de la ville de Lytton au Canada pendant la canicule de 2021. Les valeurs de références en chaleur étaient proches des nôtres avec du 40 à 42°C exceptionnellement. Puis le thermomètre est monté jusqu’à 49,6°C après 4 jours de records, pulvérisant également le record national du Canada et le plaçant au même rang que celui du Maroc à l’époque avant que les flammes n’atteignent la ville prises par des incendies gigantesques.
L’indicateur thermique national basé sur trente stations réparties un peu partout en France a également atteint une valeur record pour un mois de mai de 24,8°C le 26 mai, alors que le 28, la température a atteint jusqu’à 37,8°C à La Couronne en Charente. Au moins deux décès sont malheureusement à déplorer lors de pratiques sportives et de nombreux malaises lors du Week end de la Pentecôte notamment lors du marathon de Royan.
Voici les faits. Que dire de plus maintenant ? Honnêtement je ne sais plus trop. Il ne l’est peut-être pas dans sa survenue mais le changement climatique y est pour beaucoup dans l’intensité de cet épisode de chaleur. Sans impact anthropique, la situation de blocage aurait quand même pu se produire et nous aurions probablement eu une belle chaleur printanière avant l’été mais en aucun cas du 35°C pendant aussi longtemps. Je pense que toute la population en est consciente y compris ceux qui disent l’inverse sur certaines chaînes télévisées, probablement trop orientées politiquement, et qui non pas par méconnaissance, préfèrent tenir un autre discours plus favorables à leurs intérêts. Je ne vais pas faire non plus du catastrophisme au risque d’attirer les haineux qui vont jusqu’à menacer de mort certains scientifiques exposant leurs travaux même si la situation l’est. Simplement le mois de juin, n’est pas encore commencé, la faune, la flore et l’agriculture a déjà subie, la température de l’océan est à 22°C et une certaine sécheresse de surface s’installe déjà. Les signes d’une nette accélération du dérèglement climatique sont bien visibles sur notre territoire depuis le début de cette décennie 2020. Chacun connaît maintenant les faits et les causes, je constate pourtant très peu de changements dans les habitudes de notre société. Même si nous devenions parfaits demain le climat continuerait à se réchauffer pendant des années à cause du temps de réponse de l’atmosphère. À vous de voir maintenant si on continue sur cette lancée pour se diriger vers quelque chose d’inconnu qu’on aura du mal à contrôler, ou si on tente l’option de limiter les dégâts, au moins pour se donner bonne conscience et avec un mince espoir qu’on reste dans une situation à laquelle une adaptation peut demeurer envisageable, ce qui ne sera pas possible si les choses vont trop vite. Ne pas oublier que le dérèglement climatique ne se résume pas qu’à des températures permettant d’aller à la plage en mai mais plutôt en une augmentation des extrêmes en tous genres mettant parfois des vies en danger.
15/02/2026
Sainte Croix du Mont (33), France - 15/02/2026
Une nouvelle catastrophe de grande ampleur frappe la Gironde aujourd'hui avec une crue majeure de la Garonne. Les phénomènes extrêmes semblent nettement s'accélérer depuis 2020 sur notre département. Bien qu'on ne puisse pas tout attribuer au dérèglement climatique, on ne peut pas nier qu'il contribue grandement à ce type d'évènement. Le mardi 10 février il pleuvait de l'eau liquide jusqu'à près de 2700 m d'altitude sur les Pyrénées. Nous ne sommes pas censés avoir des températures aussi hautes à cette période de l'année, période où les arbres ne consomment pas beaucoup d'eau, période à laquelle le manteau neigeux est conséquent en haute montagne. La tempête Nils est venue s'y rajouter avec ses vents à plus de 160 km/h. Le pic de crue semble être approché à La Réole mais pas encore pour Langon et Cadillac. La pluie tombe toujours de manière soutenue et les coefficients de marées remontent la semaine prochaine. Certains modèles laissent même entrevoir un nouveau coup de vent voire tempête. La semaine à venir s'annonce donc encore extrêmement compliquée même s'il faudra attendre pour vraiment affiner les prévisions. En début d'année, le département a connu un épisode de froid remarquable pour la période avec brouillard givrant. Il n'y a depuis quasiment plus eu de gel et la timide anomalie négative qui s'était installée s'est vite faite balayée par la douceur. Orages, tempêtes, fortes pluies, tornades et érosion continuent de rythmer ce début d'année. Il y a quelques années c'était la sécheresse et les incendies, en mai 2020, la pluie centennale. Bref il ne faut plus se voiler la face, nous sommes entrés dans une nouvelle période climatique marquée par les extrêmes. Pourtant les comportements ne semblent pas changer alors même qu'on connaîtra inéluctablement une hausse des températures. En effet même si nous devenions parfaits demain, le temps de réponse du système Terre-atmosphère fait que le climat poursuivra son réchauffement encore longtemps. Finalement, la seule chose à faire est de trouver un moyen de s'adapter à ce qui deviendra bientôt la norme et de prendre conscience que chaque mauvais comportement ne fera qu'aggraver une situation déjà très critique. Lien vidéo You Tube en commentaire pour plus d'images.
14/02/2026
La Teste de Buch (33), France - 13/02/2026:
Dégâts sur la végétation importants sur les bords du lac de Cazaux suite au passage de la tempête Nils. La forêt usagère n'est malheureusement plus là pour briser le vent venant de l'océan.
16/01/2026
La Teste de Buch (33), France - 06/01/2026:
Quand la neige rencontre le désert.
13/01/2026
Biganos (33), France - 06/01/2026
L'église de Biganos sous la neige la semaine dernière.
09/01/2026
Lever de soleil de feu entre deux averses de neige
07/01/2026
Lever de soleil hier matin entre les premiers flocons puis l’averse neigeuse un peu plus forte ensuite.
04/01/2026
Ambiance grand froid sur le bassin ce matin
14/12/2025
Quand le petit Nice se fait engloutir par le brouillard.
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